RÉDA SAMY ZAZOUN

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email:   redasamy@hotmail.com

Légende des photographies et texte

1 : Parc zoologique d’El Hamma, Novembre 2010.

2 : Plage d’El Kettani, Novembre, 2010.

3 : Esplanade El Kettani, Novembre, 2010.

4 : Bab El Oued, Novembre, 2010.

5 : Basilique de Notre Dame d’Afrique, Novembre 2010.

DEMARCHE

La photographie est avant tout un regard particulier sur la vie, sur la sienne en premier, et puis sur celle des ses semblables et sur ce qui nous entoure.

Que l’image soit attrayante et léchée ou répulsive, peu importe, du moment que l’émotion est suscitée. Après tout, la photographie est surtout ce que voit tout observateur dans ce qu’a photographié le photographe.

L’oeil se doit  toujours d’être en rupture avec le visible directe, c’est-à-dire l’accessible, le palpable et l’immédiat, tout en anticipant et en tout restant dans le présent, ici et maintenant. Aussi, dans ce qui à été et ce qui ne sera plus. Frontière floue, fragile, fugace et évanescente.

Dans l’enchevêtrement de strates maintes fois ajoutées et rajoutées, juxtaposées ou simplement posées, fragments d’histoire, ou bouts de trottoir. Fixer sur une plaque sensible sa ville reste une tache ardue. Comment se doit-on, sans parti pris, la photographier et photographier ses gens, son cœur battant, mécanisme palpitant, essentiel de la vie et de toute émotion.  C’est peut-être un peu regarder ses voisins, ses amis et son intimité collective, une manière de voir tous les paradoxes possibles, y compris les siens, qui souvent nous amènent à s’interroger sur ses propres préoccupations et sa propre interaction avec l’autre chez soi, dans sa ville et dans sa vie de tous les jours et en soulignant bien combien nos villes, touchées par les mutations souvent abrasives que sont les bouleversements socioculturels ont besoin de se regarder, et pas uniquement dans le miroir des autres, mais aussi dans le sien. Même si le regard parfois reste décalé, il ne serait qu’interrogateur et songeur.

 

Dans mon cœur

Fume un marchand de brochettes.

L’Amour, en foulard et

En casquette grise,

Avec une canne pour flèche,

Mâche une boule de « chewing-gum ».

Mon désespoir est allé

Au cinéma :

J’ai le temps de rire.

J’ai appelé mon malheur Jules.

…Et se bidonne ma muse fardée,

En me disant des histoires crapuleuses…

Ma folie danse le « swing »

Avec des airs de fille hystérique.

Mon intelligence

Vend des cigarettes,

-Au marché couvert,

Qu’ai-je gagné à ce trafic illicite

De poèmes de guerre ?

Un peu de rire.

Mon génie a une pièce

Au pantalon

Le guignon bat l’espoir

Par Knock-out,

(Au premier round).

L’âme condamne à mort

La défaite ;

-Le chef de gare fait le charlot.

En route pour la rigolade !…

Kateb Yacine,

Soliloques, 1946